La technologie autonome ne peut être plus performante que la plateforme sur laquelle elle repose. Un logiciel de pointe peut certes guider un véhicule et effectuer des tâches complexes, mais il a tout de même besoin d’une base physique qui fonctionne de manière fiable dans les environnements où cette technologie compte le plus.
Au cours des quatre dernières années, Beonyx a consolidé cette base grâce à un perfectionnement continu et ciblé, fondé sur des essais approfondis et les commentaires de ses clients. Le B1 est ainsi passé d’un prototype, à l’un des véhicules tout-terrain autonomes les plus puissants au Canada.
Le fruit d’années d’essais en conditions réelles
Beonyx a livré son premier B1 en 2023. Depuis, nous avons porté la production à 12 véhicules, évalués par des organisations œuvrant dans des secteurs, des climats et des terrains exigeants. En nous appuyant sur ces enseignements, nous avons construit trois B1 encore plus perfectionnés pour une nouvelle série intensive d’essais et de modifications.
Pour le cofondateur Louis Déry, les enseignements les plus précieux sont venus de l’observation de la façon dont les clients utilisaient le B1 en conditions réelles.
« Les expériences les plus concluantes et les plus enrichissantes pour Beonyx ont été les sorties avec nos véhicules sur les terrains exigeants de nos clients », explique Louis. « Comprendre la réalité de nos clients sur le terrain, nous permet de concevoir et d’offrir des solutions sur mesure. »
Ces expériences ont révélé des besoins qu’il n’était pas toujours possible d’anticiper pendant la phase de développement. Par exemple, les clients du secteur municipal ont aidé Beonyx à repenser certains éléments, comme la conception du boîtier électrique, tandis que les essais menés avec Maren-go sur le terrain d’aéroports ont mis en évidence l’usure des pneus et des dommages à la boîte de vitesses, liés à une utilisation prolongée sur l’asphalte.
Chacune de ces rétroactions a donné à Beonyx une nouvelle occasion de renforcer sa plateforme. Comme l’explique le cofondateur Michael Martel : « Il faut toujours écouter le client. Nous avons compilé une liste d’idées proposées par nos clients, dans le but d’optimiser la machine. »
Préparer le B1 pour faire face à une demande croissante
Beonyx entre dans une nouvelle phase de son évolution. Cette année, nous nous préparons à livrer jusqu’à 20 machines, dont 10 B1 destinées aux Forces armées canadiennes. Un nouveau partenariat de fabrication devrait également nous aider à augmenter la production, sans compromettre les qualités qui distinguent la plateforme.
Notre décision de collaborer avec un partenaire de fabrication établi va au-delà de la simple volonté d’accroître la production. L’accès à l’équipement existant, aux capacités d’assemblage, aux chaînes d’approvisionnement et à l’expertise en production nous permettra de croître plus rapidement, tandis que notre équipe interne continuera de se concentrer sur le développement, la performance et l’ajout de nouvelles capacités.
« Nous avons atteint la phase de production en série de nos plateformes », déclare Louis. « Cette étape importante témoigne de l’intérêt sans cesse croissant pour une solution de drone terrestre polyvalent. »
Ces progrès ont également suscité une reconnaissance plus large. Beonyx a été sélectionnée comme l’une des neuf lauréates parmi 109 candidatures soumises, dans le cadre d’une initiative canadienne d’innovation dans le secteur de la défense. Nous avons également été désignés comme l’une des 40 entreprises québécoises prometteuses à surveiller par Le Journal de Québec.
Ensemble, ces réalisations reflètent l’intérêt croissant pour les technologies d’origine canadienne, capables de soutenir des opérations civiles et militaires.
Renforcer les fondements de la technologie autonome
L’évolution du B1 soutient également un réseau plus vaste d’innovation en matière d’autonomie. Nos partenaires logiciels Tesselate, METI Micro Engineering et Maren-go apportent des technologies spécialisées qui élargissent les capacités des systèmes autonomes et télécommandés. À ce jour, ces partenaires se sont procuré sept B1.
Leur investissement démontre l’importance du B1 au sein de l’écosystème de l’autonomie. Alors que l’intelligence artificielle et les logiciels autonomes progressent rapidement, leur potentiel concret peut être limité par la mobilité, la durabilité ou la fiabilité des véhicules sur lesquels ils sont installés. C’est cette lacune cruciale que le B1 vise à combler.
« L’intelligence artificielle ne peut pas atteindre son plein potentiel parce que les véhicules sont limités. Beonyx permet de repousser cette limite », explique Louis. « Une plateforme plus efficace, plus fiable et plus robuste, adaptée à divers systèmes autonomes. C’est ce qu’offre Beonyx. »
Nataliya Vinitska, directrice de l’innovation chez Espace Aéro, considère ce type de collaboration comme essentiel à la construction d’un écosystème d’innovation canadien plus solide. Grâce à son travail visant à faire progresser l’initiative Nexus U-DISH, elle aide à mettre en relation les innovateurs et les utilisateurs, afin que les technologies puissent être testées et commercialisées plus efficacement.
« Cela va au-delà du succès d’une seule entreprise. C’est une question d’héritage. C’est pour l’écosystème dans son ensemble », affirme Nataliya. « C’est le succès collectif de l’écosystème qui compte. »
Cette approche collective transforme des technologies spécialisées en solutions complètes et déployables. Beonyx fournit la plateforme physique robuste, tandis que ses partenaires apportent les logiciels et les systèmes nécessaires pour étendre ses capacités, et que les utilisateurs fournissent l’expérience sur le terrain, indispensable pour continuer à améliorer les deux.
Près de cinq ans d’essais ont contribué à faire du B1, bien plus qu’un simple véhicule tout-terrain autonome. Il est devenu le socle sur lequel les innovateurs canadiens peuvent développer des systèmes plus robustes et plus performants pour le monde réel.


